CENTRE DE RÉTENTION. La Cimade et l'ensemble des associations participantes ont tenu à se réunir samedi devant le centre de rétention pour « la dignité des sans-papiers »
Un an de cercle de silence marqué samedi à Hendaye
Le Centre de rétention administrative (CRA) d'Hendaye a rouvert ses portes il y a un an, le Collectif des cercles de silence mobilisé « pour la dignité des sans-papiers » a également débuté il y a un an.
Pas de bougies pour cet anniversaire, mais une demi-heure de cercle de silence respectée, samedi, devant le commissariat de police d'Hendaye. Deux banderoles flottaient, l'une « pour la dignité des sans-papiers », l'autre disant « non aux centres de rétention ».
Une soixantaine de personnes, dont la conseillère régionale (PS) Sylviane Alaux, y ont participé, ponctuant symboliquement devant le CRA, la mobilisation mensuelle contre l'enfermement des étrangers dans les centres de rétention.
Une manifestation pacifique qui s'est prolongée, sous un épais crachin, sur le pont attenant par une action un peu plus bruyante, mais tout aussi digne. « On ira jusqu'au bout pour refuser que les sans-papiers soient emprisonnés comme des délinquants et passent devant les tribunaux. Ce ne sont pas des délinquants », martèle Suzanne Bouchet, de la Cimade Pays Basque.
Les missions de la Cimade
L'association respire depuis la semaine dernière. Le juge des référés du tribunal administratif de Paris vient de suspendre, le 30 mai dernier, les contrats que le ministère de l'Immigration avait signés (le 10 mai) avec plusieurs associations d'assistance aux étrangers dans les CRA.
La Cimade était, jusque-là, seule habilitée à intervenir. Ce monopole, contesté par Eric Besson, a été reconnu par le juge. Son action d'accompagnement devrait être prolongée d'au moins trois mois.
« C'est la dénaturation de la mission associative d'assistance juridique des étrangers en une simple mission d'information qui est ainsi sanctionnée. C'est bien l'un des points majeurs qui fonde l'opposition des organisations de défense des droits de l'Homme à cette réforme engagée depuis le mois d'août 2008 », précise la Cimade.
« On continuera »
Pour l'antenne du Pays Basque, Laurence Hardouin précise d'ailleurs qu'il ne s'agit en aucun cas de s'opposer à la participation d'autres associations dans le processus d'aide aux migrants.
La Cimade peut ainsi poursuivre sa mission à l'heure où le centre d'Hendaye retrouve son fonctionnement initial, suite à l'amendement de la loi n'obligeant plus que toutes les gardes à vue soient filmées (lire « Sud Ouest » du 20 mai dernier). Il est ainsi de nouveau davantage fréquenté.
Le mois prochain, le collectif organisera un nouveau cercle de silence qui aura probablement lieu à Bayonne. « On continuera jusqu'à ce qu'il n'existe plus de centres de rétention », prévient Suzanne Bouchet.
