presse

Samedi 13 juin 2009

CENTRE DE RÉTENTION. La Cimade et l'ensemble des associations participantes ont tenu à se réunir samedi devant le centre de rétention pour « la dignité des sans-papiers »

Un an de cercle de silence marqué samedi à Hendaye

Une soixantaine de personnes mobilisées samedi à Hendaye. (photo p. s.)
Une soixantaine de personnes mobilisées samedi à Hendaye. (photo p. s.)

Le Centre de rétention administrative (CRA) d'Hendaye a rouvert ses portes il y a un an, le Collectif des cercles de silence mobilisé « pour la dignité des sans-papiers » a également débuté il y a un an.

Pas de bougies pour cet anniversaire, mais une demi-heure de cercle de silence respectée, samedi, devant le commissariat de police d'Hendaye. Deux banderoles flottaient, l'une « pour la dignité des sans-papiers », l'autre disant « non aux centres de rétention ».

Une soixantaine de personnes, dont la conseillère régionale (PS) Sylviane Alaux, y ont participé, ponctuant symboliquement devant le CRA, la mobilisation mensuelle contre l'enfermement des étrangers dans les centres de rétention.

Une manifestation pacifique qui s'est prolongée, sous un épais crachin, sur le pont attenant par une action un peu plus bruyante, mais tout aussi digne. « On ira jusqu'au bout pour refuser que les sans-papiers soient emprisonnés comme des délinquants et passent devant les tribunaux. Ce ne sont pas des délinquants », martèle Suzanne Bouchet, de la Cimade Pays Basque.

Les missions de la Cimade

L'association respire depuis la semaine dernière. Le juge des référés du tribunal administratif de Paris vient de suspendre, le 30 mai dernier, les contrats que le ministère de l'Immigration avait signés (le 10 mai) avec plusieurs associations d'assistance aux étrangers dans les CRA.

La Cimade était, jusque-là, seule habilitée à intervenir. Ce monopole, contesté par Eric Besson, a été reconnu par le juge. Son action d'accompagnement devrait être prolongée d'au moins trois mois.

« C'est la dénaturation de la mission associative d'assistance juridique des étrangers en une simple mission d'information qui est ainsi sanctionnée. C'est bien l'un des points majeurs qui fonde l'opposition des organisations de défense des droits de l'Homme à cette réforme engagée depuis le mois d'août 2008 », précise la Cimade.

« On continuera »

Pour l'antenne du Pays Basque, Laurence Hardouin précise d'ailleurs qu'il ne s'agit en aucun cas de s'opposer à la participation d'autres associations dans le processus d'aide aux migrants.

La Cimade peut ainsi poursuivre sa mission à l'heure où le centre d'Hendaye retrouve son fonctionnement initial, suite à l'amendement de la loi n'obligeant plus que toutes les gardes à vue soient filmées (lire « Sud Ouest » du 20 mai dernier). Il est ainsi de nouveau davantage fréquenté.

Le mois prochain, le collectif organisera un nouveau cercle de silence qui aura probablement lieu à Bayonne. « On continuera jusqu'à ce qu'il n'existe plus de centres de rétention », prévient Suzanne Bouchet.

Auteur : pierre sabathié
Par cimade Pays Basque
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Samedi 13 juin 2009
Pays Basque
La justice donne raison à la Cimade

26/03/2009

Béatrice MOLLE

La cour d'appel de Toulouse, par une décision en date du 19 mars 2009, «a
sanctionné la pratique du Préfet des Pyrénées-Atlantiques visant à
transférer au centre de rétention de Toulouse les personnes interpellées
dans notre département» estime la Cimade toujours en première ligne pour la
défense des migrants et des sans-papiers.

La cour estime «qu'une telle pratique de l'administration, qui lui permet
de choisir son juge, n'est pas conforme au respect des droits de la
défense, alors même que le centre de rétention d'Hendaye est quasiment vide
et que s'est développée dans le ressort de la cour d'appel de Pau une
jurisprudence contestée par l'administration». Pour la Cimade, la cour
d'appel condamne une pratique dénoncée dès son origine par ses soins

Rappel du droit

Et l'association enfonce le clou en précisant «que la cour renvoie le
Préfet à respecter les règles de procédure, comme tout justiciable
ordinaire, et redonne au tribunal de grande instance de Bayonne et à la
cour d'appel de Pau leur légitimité pour statuer sur les affaires dépendant
de leur compétence géographique».

Laurence Hardoin est bénévole, responsable à la Cimade, et de surcroît
avocate. La décision lui paraît très importante : «Désormais, le Préfet ne
peut pas choisir son juge, il doit instruire ses procédures à Bayonne. Le
tribunal de Bayonne et la cour d'appel de Pau font leur travail : les
gardes à vue à Hendaye n'étant pas filmées, cela annule la procédure. Lundi
dernier, trois dossiers instruits à Pau ont été ainsi annulés».

Laurence Hardouin estime que le centre de rétention d'Hendaye tournant à
vide, il s'agit d'une véritable «escroquerie au peuple français».

Spécificité du Pays Basque

Nous avons demandé à l'avocate quelle était la «carte d'identité» type des
sans-papiers, leur origine et leur communauté d'appartenance : «Nous sommes
une zone de frontière et le paradoxe est que les gens qui sont arrêtés
passent et 90 % des gens rentrent en fait chez eux. C'est un paradoxe, on
arrête des gens qui souhaitent retrouver leur pays d'origine. Ils ont en
leur possession des billets retour d'avions destination Brésil ou Portugal,
c'est une situation ubuesque».

Le travail de la Cimade

Crée en 1939 par des protestants anti-nazis, la Cimade (Comité
inter-mouvements auprès des Evacués) est, depuis 1984 et par une convention
passée avec le ministère des Affaires Sociales, présente dans les centres
de rétention. C'est la seule ONG autorisée à entrer dans les centres afin
de surveiller les conditions de rétention et apporter l'aide juridique aux
futurs expulsés.

Par cimade Pays Basque
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Vendredi 12 décembre 2008

laurence hardouin, abogada y presidenta de cimade de baiona

"Es absurdo arrestar a inmigrantes con billete de vuelta sólo para engordar la cifra de expulsados"

La responsable de la asociación que trabaja en el centro de retención de Baiona (Lapurdi) para inmigrantes que van a ser expulsados denunció ayer en Donostia la "política absurda" del Estado francés, que busca extranjeros irregulares en la muga para cumplir la cifra de expulsiones

Hardouin, ayer, en Donostia.Foto: gorka estrada

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Donostia. Hardouin, presidenta de Cimade en Baiona, participó en una mesa redonda organizada por Mugak y SOS Arrazakeria. Su asociación ayuda a evacuados y trabaja en los centros de retención para indocumentados.

¿Cuál es la situación en Baiona?

El Gobierno francés busca que haya un número importante de expulsiones al año, 25.000. Muchas personas pasan por la muga porque ya van a sus países de origen, con billetes de autobús o de avión desde Madrid o Lisboa y la policía francesa les detiene. Se les niega la entrada al Estado español como consecuencia del Acuerdo de Málaga, que dice que deben retornar a sus países de origen desde donde estén, es decir, Francia se debe responsabilizar del retorno. En nuestro caso, las personas que acaban en el centro son gente de paso, no trabajan en Baiona, y se les arresta como consecuencia de una política absurda: hay personas que tienen un billete de vuelta, pero deteniéndolos Francia paga su viaje, únicamente para alcanzar la cifra de 25.000.

¿Todos son gente de paso?

Sí. También llegan familias que viven en Francia desde hace años, con niños que van a la escuela y un padre que trabaja, aunque de manera irregular. Eso no sucede en Baiona, es una ciudad pequeña y es más fácil estar controlado por la policía, por eso esas personas prefieren ir a ciudades más grandes como Burdeos o Toulouse, donde también hay más trabajo. Viven más tranquilamente en una gran ciudad que en el País Vasco.

¿Cuanto tiempo pasan en el centro antes de ser repatriados?

Como máximo la ley dice que 32 días, aunque la mayoría están unos quince, según lo que tarde el papeleo. La policía necesita autorizaciones, también del país de origen. Si no consiguen esa autorización y se cumple el plazo legal, se les saca del centro.

¿Y qué sucede con ellos?

Se quedan en Francia pero sin papeles, su estado no es reconocido.

¿Hay muchos casos?

Sí, en torno al 20% de las personas que pasan por el centro de retención. En los países de origen creen que ayudan más al país si se quedan en Europa trabajando, por eso les niegan el viaje de regreso. Y ellos se quedan sin papeles: ni expulsados, ni regularizados. Es muy difícil. Es nuestro problema principal.

¿También llegan menores?

No, a los menores no se pueden expulsar. Desde julio, cuando se abrió el centro, hemos tenido dos familias con niños, las dos de Kosovo. En esos casos, las autoridades saben que a los jueces no les gusta que haya niños en centros de retención, también ha habido manifestaciones, y por eso intentan solucionar más rápido esos casos.

¿En alguno consiguen papeles?

Es difícil, y el juez que debe darlos es diferente: uno se ocupa de la retención y otro, administrativo, de los papeles, y eso alarga el proceso. Ahora esperamos la respuesta del juez a una de esas familias de Kosovo. Pero son excepciones, en Baiona la mayor parte son hombres solos, sin mujer... Son los más fáciles de echar.

¿A cuántos expulsan del centro de Baiona?

Este año, desde que se abrió en julio, a unos 500 detenidos en Hendaia.

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Jeudi 23 octobre 2008
Pays Basque
Immigration:toujours plus de contrôles à la gare d'Hendaye

23/10/2008

Antoinette Paoli

Il y a un an, le projet de loi relatif à l'immigration et à l'intégration défendu par Brice Hortefeux avait rapidement essuyé les premières critiques de l'opposition et des associations de défense des étrangers. La loi a été définitivement adoptée le 23 octobre 2007. Pour ses détracteurs, Brice Hortefeux renforce la notion de délit dans la situation des sans-papiers. Alors où en est-on au Pays Basque, à la rive droite de la Bidasoa, un an après ?

«Je ne voulais pas retourner dans mon pays», explique Nadia, d'une voix douce. Elle est algérienne, et a été jugée au Tribunal de Bayonne hier pour séjour illégal dans l'espace/forteresse Schengen. Elle est debout, face à la juge du tribunal, et raconte son histoire. Son visa pour l'espace Schengen est périmé depuis un an, elle le reconnaît de bonne foi. Mais elle a voulu rester en France pour vivre avec son futur mari. Après une longue bataille pour trouver un logement, en région parisienne, elle a pu constituer un dossier de mariage. Elle devait le célébrer le 8 novembre prochain. Mais elle sera reconduite à la frontière avant. Le retour en Algérie c'est vendredi. La sentence tombe comme un couperet, et la laisse sans voix. Nadia comme des dizaines, des centaines d'étrangers, a été contrôlée en gare d'Hendaye ; elle allait juste à Irun. Chaque année ce sont des Indiens, Pakistanais, Africains... qui sont arrêtés et placés au centre de rétention d'Hendaye, qui compte trente places.

Quel est le parcours de ces personnes ? «Ce sont des gens qui n'ont pas décidé de vivre en France, ils ne font que transiter, à travers les pays de l'espace Schengen, et ils ont souvent l'espoir que c'est plus simple en Espagne d'obtenir les papiers», explique l'avocate Laurence Hardouin, responsable également de la CIMADE Pays Basque.

Quotas Hortefeux

La zone frontière est très surveillée et les contrôles ont même augmenté depuis la loi de Brice Hortefeux, ministre de l'immigration et de l'identité nationale.

«Il faut rentrer dans les fameux quotas, déjà jugés par le Conseil constitutionnel contraires au principe d'égalité qui concerne aussi bien les Français que les étrangers» rappelle l'avocate.

«Les gens sont manipulés car on leur fait croire qu'il y a une immigration massive, ce qui est faux. Aujourd'hui, on arrête 80 % de gens qui passent à Hendaye avec des billets de trains payés. Pourquoi, pour faire du chiffre», souligne Laurence Hardouin.

Les quotas tant décriés par les associations début 2008, font état de 25 000 reconduites aux frontières à atteindre par le gouvernement. «On n'a pas les quantités nécessaires de clandestins. Donc tout le monde est arrêté, et cela a un coût très élevé pour l'Etat». Chaque placement en rétention et reconduite aux frontières coûte en moyenne 4 000 euros par personne. Cette pression exercée sur les sans-papiers les conduit de plus à des actes désespérés.
LAURENCE HARDOUIN

Avocate et responsable CIMADE

«La loi de Brice Hortefeux génère encore plus de peur et crée aussi plus de clandestins»

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Lundi 4 août 2008
France terre d'accueil: Une famille albanaise en rétention

Pour expliquer en quelques mots ce qu'est une rétention administrative, il convient de partir d'un principe qui s'applique en démocratie : seul un juge peut décider de priver quelqu'un de liberté.
Depuis que le gouvernement français a instauré des cadences infernales pour renvoyer chez eux les étrangers sans papiers, la loi a autorisé les préfets à pouvoir mettre en rétention administrative les étrangers sans papiers
arrêtés par la police. Toutefois, et afin de préserver le principe évoqué ci-dessus, les préfets ne peuvent placer en rétention un étranger que pour 48 heures, et ensuite, ils ont besoin de l'autorisation d'un juge (le juge des libertés
et de la détention) pour pouvoir garder l'étranger 15 jours de plus, puis enfin à nouveau 15 jours de plus, sous certaines conditions.
La durée totale de la rétention ne pouvant, en l'état actuel de la législation française, dépasser 32 jours.
Pendant tout ce temps, le préfet se doit de tout faire pour parvenir à renvoyer l'étranger concerné dans son pays ou dans un pays où il est en situation régulière.
Vendredi dernier, le préfet avait demandé au juge des libertés et de la détention de Baiona l'autorisation
de garder au centre de rétention de Hendaia, pendant 15 jours, un couple d'albanais arrêtés à Pau avec leurs deux
enfants de 5 et 7 ans.
Pour la première fois depuis sa réouverture en mai dernier et son habilitation pour recevoir des familles, des parents avec deux enfants en bas âge étaient retenus au centre de rétention de Hendaia.
La France fait en 2008 ce qu'elle faisait sous le gouvernement de Vichy durant la seconde guerre mondiale : elle garde des enfants dans des camps dans l'attente de leur renvoi vers un ailleurs.
Dans le cadre de ce type de procédure, le juge des libertés et de la détention ne détient pas les pleins pouvoirs, mais uniquement celui de s'assurer que les droits de l'étranger ont été respectés, essentiellement au niveau
de la procédure.
Et l'avocate des époux Kuka avait relevé un problème de procédure : les 48 heures du préfet se terminaient le vendredi à 12 heures 45 et l'audience du juge débutait à 14 heures. Pour Maître Hardouin, ses clients avaient été
retenus de manière arbitraire de 12 heures 45 à 14 heures et il fallait donc annuler la procédure et ordonner leur remise en liberté.
L'attitude de la juge des libertés, face aux explications données de manière on ne peut plus dignes par les deux époux sur les raisons de leur présence en France, n'augurait rien de bon.
Après avoir manifesté plusieurs fois son impatience parce que les explications lui paraissaient trop longues, elle se retirait pour prendre sa décision.
Une heure plus tard, elle revenait avec une décision défavorable : elle considérait que la procédure était valable et elle autorisait le préfet du département à les garder 15 jours à Hendaia.
Visiblement son souci n'était pas de prendre une décision fondée en droit mais de rendre un service au préfet, puisque de manière totalement fictive des pièces du dossier faisaient apparaître que l'audience aurait lieu à 12 heures 45 alors qu'en réalité elle avait lieu à partir de 14 heures.
Maître Hardouin faisait appel dans la foulée et, ce lundi 21 juillet à 13 heures, la cour d'appel de Pau annulait la décision du juge des libertés de Baiona et ordonnait la remise en liberté du couple et des enfants, en rappelant que, comme l'affirmait la défense, les époux Kuka avaient bien été retenus de manière arbitraire entre 12 heures
45 et 14 heures, et que la procédure n'aurait été régulière que si l'audience avait commencé au plus tard à 12 heures 45, ce qui n'avait pas été le cas.
Après avoir été les premiers parents à être enfermés au centre de rétention de Hendaia avec leurs enfants et après être tombés sur une juge plus soucieuse de ne pas déplaire au préfet que d'appliquer le droit, il auront eu
la chance de tomber à Pau sur un juge qui savait qu'il avait pour mission de protéger les libertés individuelles des citoyens.
A quoi ça tient la justice...

Par cimade Pays Basque
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Lundi 4 août 2008

La famille Kuka a été arrêté à Pau le 16 juillet au matin par la police de l'air et des frontières.
Ce sont des Albanais arrivés le 30 décembre 2005 en
fuite d'Albanie où ils étaient menacés de mort. Ils ont
déposé des demandes d'asile dont une a été acceptée pour un frère de M. Kuka se trouvant à Lyon.
Trois recours étaient en marche au moment de leur arrestation, l'un au niveau national, l'autre à Bordeaux
et le dernier à Pau. M. Aleskander Kuka a une promesse d'embauche. Les enfants Anisa (7 ans) et Arlésio (5 ans) sont scolarisés à l'école Henri IV à Pau. La famille se trouve enfermée au centre de rétention d'Hendaye. Leur avocate, Laurence Hardouin nous communique ce texte.

Que dire après l'audience qui s'est tenue à Bayonne le 18 juillet dernier devant le juge des libertés et de la détention ?
Il y aurait tant à dire, voire à hurler !
Un représentant de la préfecture qui répète à trois reprises : « Je suis désolé » (mais personne
n'est obligé de venir soutenir les requêtes du préfet), un juge qui ânonne : « Mais vous reconnaissez
que vous êtes en situation irrégulière » (ben sinon que
feraient-ils là... ?), des enfants qui ouvrent leurs cadeaux d'anniversaire au troisième étage du tribunal
avec une lumière sur minuterie qui s'éteint docilement (elle aussi) toutes les 5 minutes...
Un homme et une femme, père et mère d'une dignité sans égale, venus expliquer à l'audience que leur volonté d'intégration en France est telle qu'ils ont toujours voulu faire plus, apprendre plus vite que quiconque les règles de vie « parce que vous comprenez la culture albanaise est si différente»...
Et pourtant, de la Liberté ils n'en ont pas eu : la justice les a fait venir à 12h 45 pour une audience fictive qui n'a débuté qu'à 14 h 20, mais il le fallait pour ne pas heurter l'autorité du préfet et valider une procédure bancale ; de l'Égalité, moins encore, puisque les institutions de la République ont estimé que l'égalité
de tous devant la loi pouvait être mise entre parenthèses (au moins de midi à deux heures) ;
de la Fraternité que nenni, les traditions d'accueil de notre pays ont encore une fois été bafouées, avec bonne conscience.
Cependant, s'il est une qualité qu'ils peuvent revendiquer et peut-être nous réapprendre (ou
plus simplement nous apprendre) c'est bien la Dignité.
La dignité d'un couple qui n'a pas cherché à attirer la pitié, la dignité de parents qui ont expliqué que leurs enfants étaient très perturbés, qu'ils ne trouvaient pas
le sommeil avant minuit, qu'ils avaient peur dès qu'ils les perdaient de vue.
Honte à nous qui avons oublié Janusz Korczak et les enfants de l'orphelinat du ghetto de Varsovie avec lesquels il a été déporté de son plein gré pour ne pas les abandonner et qui est à l'origine de la Convention Internationale des droits de l'enfant.
Le petit Arsélio est reparti avec ses cadeaux, mais ne jouera pas avec la pâte à modeler pour des raisons de sécurité (très sûrement visées par le règlement intérieur !).
Honte à nous qui avons laissé un petit garçon fêter son cinquième anniversaire à l'intérieur d'un centre de rétention...
LAURENCE HARDOUIN
AVOCATE À BAYONNE

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Lundi 4 août 2008
Pays Basque

La famille Kuka restera enfermée quinze jours de plus au moins
19/07/2008

Le séjour de la famille albanaise Kuka au centre de rétention d'Hendaye est parti pour durer. Les quatre membres de la famille, dont les deux enfants Arselio et Anisa, resteront quinze jours de plus au moins enfermés au centre suite à la décision rendue par le juge hier.

En effet, le juge des libertés a décidé de rejeter la demande de sortie du centre formulée par l'avocate de la famille, et de prolonger de quinze jours le séjour des Albanais au centre hendayais.

Sous un auditoire qui a rempli le palais de justice de Bayonne, et dans une ambiance lourde, les citoyens, venus soutenir la famille, et apporter des cadeaux au petit Arselio qui fêtait son anniversaire, ont vivement protesté après la décision du juge.

Appel interjeté

L'avocate de la défense, Laurence Hardouin a précisé qu'elle interjetterait appel de la décision. Le dossier sera donc rejugé dans le courant de la semaine prochaine par la Cour d'Appel de Pau. La procédure d'expulsion est en marche. Les quatre membres de la famille étant arrivés en France sans papiers, le consulat d'Albanie doit maintenant délivrer des autorisations de séjour en Albanie à la famille, pour que ceux-ci puissent être expulsés.

 

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Lundi 4 août 2008
Pays Basque

Les enfants Kuka et leurs parents quittent le centre de rétention
22/07/2008

Eneritz Zabaleta

La famille de sans papiers albanaise Kuka a finalement été libérée du centre de rétention administrative d'Hendaye. Hier matin, la Cour d'Appel de Pau a décidé d'infirmer le jugement prononcé vendredi à Bayonne, et a donc décidé de faire sortir les quatre membres de la famille du centre hendayais.

Les quatre membres de la famille, parmi lesquelles figurent deux enfants de cinq et sept ans, sont restés hier à Pau, ville où ils résident depuis leur arrivée sur le territoire français en 2006, à l'issue de jugement.

La Cour d'Appel a suivi l'argumentation de la défense, pour motiver sa décision, allant par là même à l'encontre de la décision rendue par le tribunal de Bayonne. En effet, le juge palois a reconnu le vice de forme soulevé en première et en deuxième instance par la défense. «La rétention administrative prise contre la famille devait se terminer vendredi à 12h45. Or, le jugement qui avait décidé de prolonger de quinze jours cette rétention a démarré vendredi à 14h00. La famille a été retenue jusqu'à cet horaire, alors qu'à 12h45 elle aurait dû être libérée. La rétention était donc nulle», précise Laurence Hardouin, avocate de la famille Kuka, et qui a participé à la défense vendredi au procès de Bayonne.

«Ballon d'oxygène»

L'avocate était très satisfaite hier de la décision rendue par la Cour d'Appel, considérant que «force est restée à la loi», après la reconnaissance du vice de forme par le tribunal palois. «Cette libération constitue un vrai ballon d'oxygène pour la famille enfermée depuis mercredi dernier», continuait Hardouin.

La famille albanaise ne sera, pour l'instant, pas expulsée du territoire français. Cependant, rien ne laisse préjuger de l'avenir, le préfet pouvant décider de prendre un nouvel arrêté d'expulsion à l'encontre de la famille Kuka lors des prochains jours.

L'affaire a soulevé un vif émoi la semaine dernière. En effet, Arselio et Anisa Kuka ont été les premiers enfants à occuper les locaux du centre de rétention d'Hendaye. De plus, la famille Kuka a reçu de nombreux signes de solidarité, notamment de la part du voisinage, d'associations comme la Cimade et RESF, ou encore de la part d'élus palois, avant et pendant son séjour à Hendaye.

Laurence hardouin
Avocate de la famille Kuka

«Cette libération constitue un vrai ballon d'oxygène pour toute la famille»

 

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Mercredi 25 juin 2008
le monde 25 juin 208

Le débat sur les centres de rétention se poursuit après la destruction du centre de rétention administratif de Vincennes, dimanche 22 juin, à la suite d'un incendie volontaire. La Cimade, seule association habilitée à pénétrer dans les centres de rétention administratifs (CRA), a indiqué, mardi, qu'un rapport officiel avait été remis le 5 juin aux ministres de l'immigration et de l'intérieur pour les alerter de la situation intenable du centre.


Portfolio Au centre de rétention de Vincennes, "280 personnes, ce n'est pas gérable"
Les faits La France veut expérimenter au Cap-Vert ses tests ADN
Les faits Le père d'un mineur français de 11 ans expulsé
Vidéo Visite du centre de rétention de Vincennes
Réactions Incendie de Vincennes : les raisons de la colère
Infographie La France compte 22 centres de rétention administrative
François Fillon se montre ferme sur l'immigration

L'incendie de Vincennes est lié à "une situation explosive due à l'importance de l'immigration", a déclaré le premier ministre, François Fillon, lors d'un déplacement à Saint-Cyr-au-Mont-d'Or, dans le Rhône. "C'est un incendie d'origine criminelle et ceux qui l'ont initié seront poursuivis par la justice", a-t-il ajouté, rappelant que cet incendie "avait été déclenché à la suite de la mort naturelle d'un homme qui était l'objet d'une interdiction définitive du territoire, qui avait un casier judiciaire extrêmement chargé et qui était l'exemple même de la justification de la politique que nous menons". Le premier ministre a également indiqué que ce centre de rétention administratif serait éventuellement modifié dans sa capacité d'accueil "mais que cela ne changerait rien à la politique du gouvernement". - (avec Reuters.)

C'est la Commission nationale de contrôle des centres et locaux de rétention administrative et des zones d'attente, dont est membre la Cimade, qui a rédigé ce rapport dans lequel le CRA de Vincennes est analysé.
Le centre de Vincennes y est décrit comme étant "devenu par sa taille et son mode de gestion un des symboles de l'industrialisation de la rétention". Le CRA de Paris-Vincennes est le plus gros de France avec 280 places réparties en deux bâtiments distincts beaucoup trop exigus et aux conditions sanitaires insuffisantes, d'après le rapport. De plus, les détenus continuent d'affluer avec un nombre d'arrivées qui peut atteindre jusqu'à 30 personnes par jour sur chacun des deux sites. Le rapport souligne le "climat de tension et de violence qui règne de façon permanente dans tous les CRA et spécialement à Vincennes, où un rien suffit à mettre le feu aux poudres".

DÉJÀ DEUX INCENDIES EN 2007

Le rapport pointe la "violence" qui règne dans ce centre et qui se manifeste sous forme de "mouvements de protestations, grèves de la faim collectives, actes désespérés d'automutilation, incendies". Il souligne que "le début de l'année 2007 aura été marqué par l'incendie partiel du site 1 par une personne retenue", et ajoute que l'incendie "est une conséquence de la course au chiffre et de la taille de ce centre de rétention". D'autant plus qu'un mois après la réouverture du bâtiment 1 à "pleine capacité" , un nouvel incendie s'était déclaré à Noël 2007.

Dans le rapport, la Cimade prévient qu'elle n'a pas cessé d'alerter les pouvoirs publics sur les risques d'un tel centre et les dérives possibles concernant la "course aux chiffres" de reconduite à la frontière. L'association avait considéré que 2007 "risque de ne pas être une année isolée mais le début d'une longue série si l'administration ne prend pas en compte la gravité de la situation". La Commission qui a rédigé le rapport souhaitait "très fermement que la capacité du pôle de Vincennes soit ramenée (...) à 140 places maximum".

MANIFESTATION POUR DÉNONCER LA "HONTE DE LA RÉPUBLIQUE"

Par ailleurs, le secrétaire général de la Cimade, Laurent Giovannoni, a pris la défense de RESF (Réseau éducation sans frontières), accusé par l'un des porte-parole de l'UMP, Frédéric Lefebvre, d'avoir poussé les retenus de Vincennes à mettre le feu au centre dimanche. "Nous avons eu l'occasion à de multiples reprises de tirer la sonnette d'alarme pour dire qu'un drame était inéluctable. Le drame a eu lieu, c'est un peu fort de café d'en faire porter la responsabilité aux associations", a ajouté M. Giovannoni. La Cimade adresse au gouvernement plusieurs demandes : "la libération de tous les retenus de Vincennes", l'"arrêt immédiat des travaux de construction" d'un centre de rétention jumeau au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) pour ne pas créer un Vincennes bis, "la suppression des quotas d'expulsion" et l'application d'un engagement de Claude Guéant datant de 2004 lorsqu'il travaillait avec Nicolas Sarkozy au ministère de l'intérieur de limiter les CRA à cent places.

Un rassemblement est prévu mardi en fin d'après-midi à l'appel du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (MRAP) devant le centre de rétention de Vincennes pour dénoncer la "honte de la République" face aux centres de rétention.

 

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Jeudi 22 mai 2008
REGULARISATION. --Vladimir Kalachov, jeune géorgien menaçé d'explusion, est rentré à chez lui à Bayonne après 29 jours en centre de rétention à Toulouse

«Je n'oublierai jamais»
:Véronique Fourcade

 

Vladimir Kalachov aura 20 ans en décembre. Malgré son jeune âge et une chevelure bien brune, quelques cheveux blancs ont poussé sur sa tête ces dernières semaines. Ils témoignent d'un stress difficilement imaginable et sur lequel Vladimir a accepté de revenir pour Sud-Ouest.
Lors de sa première interpellation, Vladimir avait été surpris : certes, ses papiers n'étaient pas en règle dans l'attente de l'acte de décès de ses parents mais il était placé sous la protection du juge des enfants? Une nullité de procédure lui a permis de quitter le centre de rétention de Toulouse après 24 heures.
La deuxième arrestation était attendue par Vladimir. « J'avais pressenti cela. J'en avais parlé à Édith, ma formatrice deux jours avant d'être embarqué ». Ce que n'avait pas pressenti Vladimir en revanche, c'est qu'il passerait 29 jours au centre de rétention de Toulouse. Vingt-neuf jours plus long les uns que les autres en attendant l'arrêt de la cour d'appel de Bordeaux, jeudi dernier, qui a annulé l'arrêté d'expulsion et enjoint la préfecture à délivrer un titre de séjour.
« C'est très dur de rester enfermer sans rien avoir à faire qu'attendre. Tu manges, tu dors. C'est tout. Je ne suis jamais allé en prison mais là-bas au moins, il y a la possibilité de s'occuper, de faire du sport, de travailler? Là, rien. Comme on n'a pas d'activité, on n'est pas fatigué alors, on discute jusqu'à 3 ou 4 heures du matin. Après la deuxième semaine, j'ai quand même obtenu d'avoir un ballon et on pouvait jouer au foot ».


Lecture. Autre passe-temps de Vladimir en rétention, la lecture : « j'avais une BD, je l'ai lue 3 fois. J'ai aussi lu et relu les papiers du tribunal ». Vladimir a reçu des visites de personnes de la Cimade, qui lui ont apporté quelques affaires personnelles. Autre ponctuation de l'attente, la visite au consulat de Géorgie, trois jours avant sa sortie. « Il fallait vérifier que j'étais bien Géorgien. Moi, j'espérais surtout que le consulat ne donnerait pas de laisser-passer pour qu'on me renvoie là-bas ».
Chaque soir, les reconduits à la frontière du lendemain sont prévenus qu'ils devront se préparer pour partir à 4 heures du matin. Vladimir craignait de se voir sur la liste. « Moi, j'aurais refusé. Je ne veux pas revenir là-bas. Je n'avais absolument rien à perdre, j'aurais tout fait pour ne pas être emmené ».
« On pense à ça sans arrêt, C'était long. Au début, on compte les heures, les jours. À la fin, c'est vraiment trop long, on a le temps de repenser à toute sa vie ».
Celle de Vladimir n'a pas été rose : des parents, issus d'une minorité kurde, persécutés puis tués. Une fuite vers la France avec pour point de chute l'adresse de son demi-frère à Bayonne. Il a alors 17 ans et bénéficie de dispositifs pour mineurs, suivis de protection pour jeunes majeurs après ses 18 ans.


Diplôme. Il s'attelle à l'apprentissage du Français. Avec succès : il obtient 19 sur 20 à son premier examen, le Diplôme d'initiation à la langue française.
Il attend aujourd'hui le résultat du deuxième niveau. L'examen avait lieu lundi dernier à Bordeaux. Soit trois jours après sa sortie du centre de rétention. Vladimir n'a pas molli : malgré le mois d'interruption des cours, il a passé les épreuves. Il est aussi allé au Greta, pour mettre en place une formation de cuisinier qu'il compte faire chez François Miura, chez qui il était en stage. « C'est lui le premier qui m'a téléphoné annoncé le jugement de Bordeaux. C'est vraiment un patron trop sympa. Sa femme aussi. Je dois les remercier. Les gens de la Cimade aussi : Laurence Hardouin, Marie Cosmay, l'avocat maître Larréa. Ils m'ont tellement aidé. Ils m'ont donné du courage. Je n'oublierai jamais ».

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